Formats et proportions

Le Processus

Une évolution du format

Au commencement, il n’y avait ni format ni mesure imposés. Les premières œuvres naissaient libres de toute contrainte de proportion : seule la matière et l’intuition guidaient leur forme.

Le carré s’est ensuite imposé, sans que je le décide vraiment : jamais tout à fait parfait, toujours en tension vers l’équilibre. Il a d’abord pris la forme de grandes plaques de 150 × 150 cm, repliées en haut et en bas (1 cm puis 1 cm à chaque extrémité) pour permettre l’accroche, ramenant la hauteur à 146 cm : un format de 150 × 146 cm. Puis il s’est resserré vers un format plus intime, suivant le même principe : une plaque de 125 × 125 cm, repliée de la même façon, pour une hauteur de 121 cm : 125 × 121 cm, qui a porté plusieurs années de mes œuvres.

Croquis du format : une plaque de 150 × 150 cm repliée en haut et en bas (1 cm puis 1 cm à chaque extrémité), pour une hauteur finale de 146 cm1 + 1 cm1 + 1 cm150 cm150 cm150 cm146 cmUne plaque de 150 × 150 cm,repliée en haut et en bas (1 cm puis 1 cm)Le format accroché :150 × 146 cm
Le format 150 × 146, replié haut et bas
Croquis du format : une plaque de 125 × 125 cm repliée en haut et en bas (1 cm puis 1 cm à chaque extrémité), pour une hauteur finale de 121 cm1 + 1 cm1 + 1 cm125 cm125 cm125 cm121 cmUne plaque de 125 × 125 cm,repliée en haut et en bas (1 cm puis 1 cm)Le format accroché :125 × 121 cm
Le format 125 × 121, replié haut et bas

Le format sur lequel je travaille aujourd’hui

Un nouveau processus, en cours de création

C’est aujourd’hui le format sur lequel je travaille : une étape que je viens tout juste de commencer à incarner dans la matière. Elle repart, sans que je l’aie cherché, de la même dimension de plaque qu’autrefois, 150 × 150 cm, mais cette fois découpée en neuf morceaux identiques de 48 cm de large sur 50 cm de haut. Chacun est replié en partie haute seulement, en U (1 cm puis 1 cm), pour permettre l’accroche : un geste simple et fonctionnel qui ramène la hauteur à 48 cm, rejoignant exactement la largeur. Neuf carrés parfaits de 48 × 48 cm, assemblés côte à côte en trois rangées de trois, retrouvent leur unité : un grand carré de 144 × 144 cm.

Croquis du processus : une plaque de 150 × 150 cm découpée en neuf modules de 48 × 50 cm, chacun replié en haut pour donner un carré de 48 × 48 cm, puis les neuf carrés assemblés en trois rangées de trois formant un grand carré de 144 × 144 cm150 cm150 cmpli d’accroche1 + 1 cm48 cm50 cm144 cm144 cmUne plaque de 150 × 150 cm,découpée en 9 modules de 48 × 50 cmChaque module replié en U(1 cm puis 1 cm) → 48 × 48 cmNeuf carrés assemblés en 3 × 3 :un grand carré de 144 × 144 cm
Le processus 144 × 144, en trois temps

Une cohérence qui n’a pas été cherchée

Rien de tout cela n’a été calculé à l’avance. La forme s’est imposée, à chaque étape de ce parcours (la liberté du début, les formats presque carrés, puis ce retour à la dimension de 150 cm, cette fois pour donner naissance à un carré exact), comme s’impose tout mon processus depuis toujours : les symboles, les mots, la matière elle-même. Ce n’est qu’en la regardant après coup que j’y ai reconnu, chaque fois, une cohérence que je n’avais pas cherchée.

Je ne sais pas tout de ce que ces nombres et ces proportions portent. Mais je sais, au fond de moi, que quelque chose de plus grand que moi est à l’œuvre dans cette géométrie, une intuition que d’autres artistes avant moi, comme Hilma af Klint, ont aussi portée : que la forme, avant d’être pensée, peut déjà être juste.

Une plaque presque carrée dressée sur son support, en cours de création dans l’atelier

Les éditions

Certaines œuvres existent aussi en édition : non pas comme une reproduction de l’œuvre dans sa globalité, mais comme un fragment choisi, isolé et imprimé sur un papier particulier, au format 50 × 50 cm pour une image de 40 × 40 cm, en série limitée de 20 exemplaires.

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